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Les Grands Ducs | June 18, 2019

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20 Comments

Les Parisiennes de Kiraz

Les Parisiennes de Kiraz

Elles arpentent les larges avenues parisiennes de leurs jambes interminables, toujours habillées du dernier-cri. Elles roulent dans de toutes petites voitures de sport, se prélassent dans les chambres d’hôtel et au bord des piscines, jouent de nos nerfs avec un charme déconcertant. Ce sont les Parisiennes, telles que Kiraz nous les donne à voir depuis 1953.

Piquantes, délurées, elles incarnent l’esprit de la femme française, libre, sans préjugés, faussement naïve (« Il m’a lâchement abandonnée après m’avoir donné des goûts de luxe) et terriblement séduisante. Reconnaissables entre mille, elles empruntent leur grâce et leur démesure à Modigliani que Kiraz, encore jeune peintre de nus dans le Montparnasse de l’après-guerre, admirait. Une tête ronde, de grands yeux en amande, des petits seins haut-placés, une taille longiligne et des jambes à n’en plus finir. Toujours à la mode, jamais vulgaires, même dévêtues – Kiraz les déshabilla souvent pour notre plus grand plaisir – ces Parisiennes de papier glacé combinent ce qu’il faut de sensualité, de provocation et d’ingénuité pour se rendre irrésistibles. Mais attention, l’esprit de la Parisienne est volontiers volage – on ne paraît pas dans Playboy depuis plus de trente ans sans risque – les maris sont alors industriels à cigare, pochette et costume croisé, les amants de jeunes gens indolents, désœuvrés et perpétuellement bronzés. On les retrouve au restaurant, sur les courts de tennis, dans les boutiques en vogue et sur les ponts des bateaux de la Côte d’Azur où elles promènent leur élégance espiègle sans avoir jamais l’air d’y toucher. Comme si finalement tout cela n’avait pas grande importance. Ce qui est vrai.

Edmond Kiraz (Kirazian de son véritable nom) a aujourd’hui plus de 80 ans et près de 25000 gouaches à son actif. Fidèle à Montparnasse, il s’installe souvent à la Rotonde, « à la table de Picasso », dans l’angle, et regarde passer les femmes. Pour en capter l’allure, s’imprégner de leur style et nous le restituer dans ses dessins. Il dit des parisiennes : « De génération en génération, je ne me lasse pas de les regarder. Pour moi, ce sont les maîtresses du monde. ». C’est un avis que j’ai la faiblesse de partager.

 

Quelques recueils d’illustrations encore disponibles en librairie :
Mini Drames (2005, Denoël – 23,75 €)
Elle et moi (2003, Denoël – 22,80 €)
Dans Playboy (2002, Denoël – 21,85 €)
Jamais le premier soir (2001, Denoël – 21,85 €)

 

Comments

  1. Je les adore aussi, ces petites parisiennes. Découvertes chez Canderel, si ma mémoire est bonne…

  2. Bonjour Clea, bienvenue ici. Effectivement Kiraz avait illustré une campagne pour Canderel il y a quelques années, en affiches et sur les boites de sucrettes… Très parisiennes les sucrettes, non ?

  3. Fan de Kiraz également ;-)

  4. Des avis comme celui-là, il faut avoir la faiblesse de les partager !
    J’avais presque oublié Kiraz et les jambes interminables de ses demoiselles…
    g.

  5. Ca m’rappelle mon enfance quand ma mère achetait le magazine Jour de France… :)

  6. Pfff j’allais écrire la même remarque que Greg B! Mais moi c’était ma Tante, pas ma mère. Et les jeunes filles de kiraz je les kiffais grave!

  7. Bel hommage à ce peintre et qui donne envie de se redécouvrir ses dessins ! Tu les décris si bien !

  8. Halala, ces charmantes petites parisiennes! c’est ma mère qui me les a fait découvrir vers mes…6 ans je crois. En y repensant je me demande si ce n’est pas justement c’est jolies illustrations qui m’on donné envie de travailler dans la mode! Merci de me les avoir remémorées, ça fait plaisir!

  9. Que de souvenirs! Ça me rappelle que je me jetais sur le « Jours de France » que ma maman achetait toutes les semaines dans les années 1970 rien que pour voir le dessin de Kiraz en premier! :-)

  10. Idem, la folie « Jours de France » était de rigueur chez nous ! :-)

  11. Je les adore ses Parisiennes …

  12. CASTAGNE Françoise

    J’ai été dans les années 64/66 la baby-sitter des enfants Kirazian (Sonia 9/10 ans et Stéphane, environ 2 ans 1/2) dont j’ai toujours gardé le souvenir, en particulier quand je les emmenais se promener au jardin du Luxembourg.Je suis à présent maman et grand-mère, et je souhaiterais savoir ce qu’ils sont devenus. Je m’appelais alors Françoise Trémoureux, je venais tous les samedis soirs. Merci de me répondre.

  13. Certains originaux de Kiraz sont desormais disponibles a la vente ( publications du Magazine Playboy).
    Pour plus se renseignement merci de me contacter a l adresse suivante: sergekiraz@embarqmail.com

  14. Comme je le disais chez Géraldine (où j’ai découvert ce blog), les Parisiennes m’ont tellement fait rêver et fantasmer pendant mon adolescence (la première page que je lisais dans Jour de France) que je me réjouis de cette exposition. Maintenant, je vais prendre le temps de visiter ton blog.

  15. J’ai vaguement le souvenird’avoir vu un album en Allemand chez mon grand-père…Une histoire de secrétaire.
    Mais ces Parisiennes m’ont toujours fait craqué!!

  16. J’ai vaguement le souvenird’avoir vu un album en Allemand chez mon grand-père…Une histoire de secrétaire.
    Mais ces Parisiennes m’ont toujours fait craqué!!

  17. L’exposition de ses oeuvres au musée Carnavalet est à voir absolument ! J’ai trouvé ça tellement touchant.

  18. Je suis ravie d’avoir lu ce bel hommage que vous avez rendu à Kiraz, bien avant la superbe exposition du musée Carnavalet qui se termine le 21 septembre 2008 !
    Chaleureusement
    Joëlle

  19. kiraz Tom

    voici le site de kiraz :
    http://kiraz-artworks.com/
    A visiter…

  20. Je possède 4 origianaux de Kiraz (années 50) que je souhaite vendre.
    jjbirge@wanadoo.fr

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