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Les Grands Ducs | June 26, 2019

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17 Comments

Glou

Glou

Bon, aujourd’hui je vais vous la faire courte. Cette adresse, ouverte en catimini entre Noël et le Jour de l’An, ruisselle déjà dans toutes les colonnes de vos journaux. Pas un bémol, de la louange en-veux-tu-en-voilà, du superlatif, de l’enthousiasme en papier glacé, rien que du bon. Et moi qui suis d’ordinaire assez méfiant de ces emballements soudains et moutonniers, plus ou moins bien montés en sauce par d’habiles communicants (Derrière, Paris IIIème), je dois bien l’admettre. Ce concert d’applaudissements est amplement mérité.

Direction Glou, donc, en plein cœur du Marais, juste en face du Parc du Musée Picasso. Un endroit frais et allègre, tout de longueur comme un pont de navire, voguant bonne allure dans l’air du temps, avec ses tables d’hôtes en beau chêne blond, ses lampes industrielles chinées, son mur de briques rouges à la new-yorkaise, ses pierres grattées et ses ardoises en suspens. C’est là que l’on se presse.

Dans l’assiette, une cuisine de produits, choisis avec soin par deux fous de bouffe, Julien Fouin (l’ancien rédacteur en chef du magazine gastronomique Régal) et son compère Ludovic Dardenay : huîtres Utah Beach (mes préférées, une grande claque iodée et fraîche au délicieux petit goût de noisette, surtout si vous goûtez au pied), thon de l’Ile d’Yeu, jambon Ibaïona, charcuteries de porc noir, poitrine de cochon, gambas sauvages, saumon bio, lentilles blondes de St-Flour, Salers, tartes de Jacques Genin… Pas d’extravagance, ni de bouleversante surprise mais de la belle ouvrage, simple, directe et authentiquement bonne. Ajoutons-y une belle sélection de liquides à des prix abordables (on y trouve même de très grands crus au verre ce qui est exceptionnel à Paris) et très judicieusement conseillés si vous vous laissez prendre en main.

Et puis, je ne sais pas vous, mais moi, il y a un moment où le phénomène des chefs starifiés comme des vedettes de cinéma, des prix Nobel de littérature, des Proust, des Pasteur ou des Picasso, ça finit par m’ennuyer un tantinet. Alors voilà, je suis ravi, mon coup de cœur du moment est un restaurant sans chef ! Mais, ne vous méprenez pas. Un chef il y en a un en cuisine, un bon, qui se donne et sait respecter les beaux produits passant entre ses mains (ce n’est pas si souvent) mais honnêtement ce n’est pas ici l’essentiel.

L’essentiel chez Glou c’est l’atmosphère. Ce bonheur intense que Julien, Ludovic et leur bande distillent de table en table. Car les gais larrons ont réussi à créer pour leur premier resto l’alchimie simple et fatale que l’on devrait rencontrer derrière la porte de n’importe quel caboulot : un lieu agréable, des produits triés sur le volet et joliment mis en valeur, et surtout ce service débordant de bonne humeur, d’envie de faire plaisir, de partage et de sollicitude bienveillante. Une belle rasade de décontraction généreuse balayant les tables. De l’amour dans l’air. Oui, oui. Ici on nous aime. Et nous, on en redemande ! Alors forcément on s’attarde et on se retrouve finalement sur le trottoir à minuit, léger et heureux.

Voici donc enfin une bonne nouvelle. L’année 2009, au moins rue Vieille du Temple, commence bien. Alors allez-y, car franchement, ça vaut le Glou !

 

Glou
101, rue Vieille du Temple
75003 Paris
Téléphone : 01 42 74 44 32
Ouvert tous les jours
Formule déjeuner à 17 €
A la carte, comptez entre 30 € et 40 €

Comments

  1. tom

    Et les artisans de « bouche » starifiés, du style viande de chez Hugo truc, légumes de chez joël machin…ça vous agace pas un peu aussi des fois ?

  2. paul

    Ben non pourquoi ?
    Quand on voit la m…e que certains n’hesitent pas à vendre, autant mettre en valeur ceussent qui honorent quotidiennement profession, produits et clients …
    Quand c’est bon il faut le dire et contrairement aux gastro-stars, ils sont tous les jours au marché, à la découpe ou les mains dans le poisson/fromage.
    Rien à voir non ?

  3. tom

    De là à les citer dans un intitulé de plat…tout celà est un peu ridicule et surtout très marketing.

  4. Ouhouh je suis ravie, j’avais réservé une table pour mardi prochain (sur la base, justement de ces louanges…en étant un peu sceptique tout de même), votre billet me rend très impatiente, merci!

  5. En relisant cette chronique, je dois dire que je n’étais pas si léger que ça « sur le trottoir à minuit »… Peut-être la faute de la poitrine de cochon snackée?
    Quel plaisir tout de même ce restaurant !

  6. mat

    merci pour ce tres bon conseil. l’atmosphere y est en effet tres sympa et les produits tres bons. un bémol inattendu tout de meme, -meme sil n’a pas gaché notre soirée, sur la façon dont la serveuse excédée (par notre lenteur ?) et le montrant à plusieurs reprises lors de la commande puis apres, a fini par nous apporter les plats alors que je n’avais pas fini mon entrée. ( et il y avait des tables vides autour quand nous sommes partis, nous n’avons pas donc eu l’impression de gener le deuxieme service). un sourire et des explications auraient été plus efficaces.

  7. On ne partage pas la même vision sur cette table, autant sur toutes tes chroniques je suis en accord autant la…faudra m’expliquer…
    Il faut reconnaitre une chose c’est la tres belle selection de la carte des Vins.

  8. Merci pour cet article qui donne envie. J’ai adoré l’esprit que Julien Fouin insufflait à la rédac du magazine et depuis son départ la magie a disparu, je n’achète plus Régal. J’étais quand même curieuse de voir ce qu’il deviendrait et grâce à votre blog (ici, pas de télé) c’est chose faite ! Reste à faire un petit détour par Paris… vivement :)

  9. bonbec

    Enième clône de nombreuses tables parisiennes. Quelconque. Encore une adresse branchouille dans le quartier des nombrilistes de la mode.

  10. Il semblerait que les premières semaines, pour la clique justement des critiques tous en rang se pressant devant la nouvelle adresse au plan marketing parfaitement agencé, furent pleine d’amour, de sollicitude, d’envie de faire partager et de bons produits finement ciselés.
    Je peux vous assurer que le 13 avril 2009 au soir, il n’y avait vraiment plus rien de tout cela. Un empressement à prendre la commande, un Vouvray en apéritif à 6,50€ qui devait difficilement dépasser les 8cl (12cl annoncés sur l’ardoise). Disparition des huitres et des gambas de la carte. Une entrée que je continue à avoir du mal à saisir : du gras de lard … avec du gros sel, de fines tranches de gras, le genre qu’on donne au chien en général, bien écoeurant comme il faut … sous couvert d’originalité, on frôle juste le ridicule. Que dire ensuite du malheureux ayant choisi d’enchaîner le thon de l’île d’yeu avec le saumon bio : par deux fois des quantités ridicules de poisson fumé (thon excellent, saumon très moyen) accompagné par une petite salade et une verrine de crème fraîche, même préparation, même accompagnement pour une entrée et un plat.
    Enfin les desserts, un tarte du jour juste passable (la pâte sablée était gorgée de jus, sacrilège !) et un yaourt glou qui pour 8€ est … un simple yaourt … avec une bonne confiotte ! QUEL GENIE …
    Thierry Richard, je lis votre blog, avec plaisir depuis plusieurs mois, vous m’avez fait découvrir nombre de belles tables mais là, malgré les précautions exprimées dans votre billet sur votre hésitation à suivre les emballements médiatiques, je crains que vous ne vous soyez faits berner par l’étoile filante Glou …

  11. esther

    curieux comme on se retrouve
    j’adore cet endroit
    il y a un st chinian merveilleux

  12. chrisetsylvie

    on n’a pas aimé, c’est cher et vraiment passable
    la presse a été achetée ?
    a éviter

  13. Après une visite mi juin, je reste partagé. Glou est agréable, très joli, très (trop?) conceptuel. Mais les plats, corrects sans plus, laissent un peu frustré.

  14. Alors la je ne comprends pas bien non plus l’éloge de ce restaurant. Plusieurs semaines que je consulte ce blog comme une alternative, ou plutôt comme un balancier, compensant les avis de F. Simon. Cela me permet d’éviter les réserves comme les exaltations de clans (il lui a fallut des lustres pour parler d’adresses comme celles de Christian Constant, de Yves camdeborde ou encore de Stéphane Jego). Encore aucune déception sur les adresses de Thierry Richard.
    Mais là, je ne comprends pas que l’on puisse simplement reconnaitre qu’un adresse est remarquable simplemement parce que les produits proposés sont bons. Et la cuisine dans tout cela ? L’adresse est sympa,le patron super, mais à ce prix je passe mon tour (passage 53 par exemple est une claque, tant la cuisson des produits est sublime!).

  15. Rémi

    Grosse déception car après la poitrine de cochon carbo donc retourné au chef , nous avons eu une poitrine de cochon non cuite et sans viande (bref que du gras).
    Seul point positif : le choix des vins

  16. Nicolas

    très déçu par ce resto : vraiment très cher, service à la limite de l’inconvenance et nourriture vraiment passable
    avez-vous été invité pour écrire cela?
    a éviter
    Nicolas

  17. Torque

    Très déçu par ce restaurant ou le service est impersonnel et lamentable ; entrées quelconques(chair de tourteaux et ibaÏona);plats passables(dorade royale et dorade royale);desserts nuls(cheese cake et moelleux); Vin; pouilly fumé: bon .Tout cela pour une addition de 150 euros pour deux. C’est loin, c’est moche, c’est moyen et c’est cher. A éviter. Je ne comprends pas les commentaires dithyrambiques pour cet endroit qui ne vaut absolument pas le détour et qui n’a aucun intérêt.

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