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Les Grands Ducs | July 23, 2019

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8 Comments

KGB (Kitchen Galerie Bis)

KGB (Kitchen Galerie Bis)

Peu importe que cette rentrée des cuisines soit d’une tiédeur inquiétante (un Paris très caramel mou sans éclat ni explosions), ne prodiguant à l’amateur que bien peu de nouvelles tables excitantes. Peu importe qu’en conséquence on rabatte nos appétits sur quelques valeurs sûres et trop longtemps négligées (à venir le récit de repas épatants chez Bigarrade et à l’Ami Jean). Peu importe que l’on ait décidé d’ignorer consciencieusement l’ouverture d’une « brasserie » au Bristol où le mauvais goût le dispute à l’obscénité (Chateldon à 12 €, café à 8 €…). Peu importe ces petits cailloux dans nos chaussures car nous tenons tout de même notre petit bonheur d’automne.

  

Il se niche en lisière des quais de la Rive Gauche, tout au bout de la rue des Grands Augustins. J’en suis sorti avec le même sentiment que ce Printemps chez yam’Tcha (remember ?) : une félicité gracieuse, légère et enthousiaste. Cela s’appelle KGB et c’est la nouvelle adresse de William Ledeuil, également aux commandes, dans la même rue, de la Kitchen GalerieJ’ai déjà eu l’occasion de dire tout le bien que je pensais de la cuisine de William Ledeuil, de son talent discret, de ses fulgurances tempérées, de son savoir-faire cosmopolite. C’est bien tout cela que l’on retrouve au KGB. Dans de nouvelles formules et à des prix de la même gentillesse que le service (un maître d’hôtel black d’une élégance et d’une amabilité rares).

  

Dans ce décor de restaurant de musée, contemporain et clair, chaleureusement distingué, où, lorsque vous entrez vous pouvez avoir la surprise, comme moi, de croiser Judith Godrèche en grande conversation avec Emmanuel Mouret, dans ce décor mi-paris-mi-new-york donc, on plisse les yeux.

   

Dans l’assiette, on balance entre les « zors d’œuvres » servis en grappe comme autant de tapas sophistiqués (la meilleure surprise de ma soirée) et les marmites où se réfugient des plats odorants. Des zors d’œuvre dont l’intitulé dit tout de la cuisine de William Ledeuil : « Ravioli de porc et tempka », « Burrata, tomates de couleur », « Potage de coco de Paimpol, émulsion persil », « Bœuf Waggyo mariné, condiment carotte », « Croquette de crevette et volaille, condiment piperade », « Macaroni farci à l’aubergine »… Des parfums, des couleurs, de la subtilité dans les alliances et de la maîtrise dans les dosages. Brillant ! Pour les plats, c’est de la même farine, avec toutefois un petit conseil : privilégiez la légèreté et le bouquet. Je me suis pour ma part emballé sur des « Crevettes et moules de bouchot, coco de Paimpol, herbes thaï et citronelle » d’une délicatesse extrême. Car c’est dans la légèreté, les senteurs discrètes et les infimes réglages de saveurs que William Ledeuil s’exprime le mieux.

 

Le tout arrosé d’un Menetou-Salon, vif et croquant, servi très frais dans une carafe moderne, perlant de rosée (20 €). Que du bonheur !

   

Alors, pour 27 € au déjeuner et une cinquantaine au dîner, ne boudez pas votre plaisir (ce n’est pas le genre de la maison), et courez-y !

  

 

 

 

KGB
25, rue des Grands-Augustins
75006 Paris
Téléphone : 01 46 33 00 85
 
Fermé dimanche et lundi
  
Menus déjeuner à 27 € et 34 €
A la carte compter 40-50 €

  

  

 

 

 

Comments

  1. je suis entièrement, totalement, absolument d’accord avec ces mots. Sur KBG, sur Ledeuil, tout en discrète élégance. (comme il l’a encore une fois montré lors d’un petit entretien http://tinyurl.com/yafepdz/ )
    Mais si j’ai naturellement tendance à me diriger vers la légèreté (magnifiques maquereaux laqués), il faut tout de même souligner que les plats de viande, comme les travers ou la joue de veau, sont aussi subtils et délicats. La fraîcheur et la vigueur des herbes disséminées ça et là y sont pour beaucoup .
    J’en voudrais encore et encore, mais une mer me sépare de la rue des grands augustins désormais …

  2. Bon, à goûter d’urgence.
    Sinon, marrant la différence entre la couleur, la créativité et les pétillances de l’assiette et l’acronyme KGB. A quand la STASI, Super Table Savoureuse & Inventive ?

  3. oublié le A !
    STASI, Super Table Abordable Savoureuse & Inventive ?

  4. Oh my god!
    C’est d’une finesse, c’est d’un subtil Gentleman!
    Somptueux ce récit, le summum !
    Je vois là un nabukanosaure de Champagne qui pétille la rosée d’un matin…ce matin!
    Je sabre, et wahou, spliccchhhhh, servez s’il vous plaît, servez la cascade de coupes et de flûtes, Gentleman chroniqueur de mon coeur!
    ( ma vie a débuté sur un diner, j’espère qu’elle continuera à présent sur un déjeuner! Merci Mister T!C’est vraiment très joliemment présenté, cette mise au jour et au goût!)

  5. un endroit où il fait bon s’arreter …
    je le note, pour ma prochaine virée parisienne !

  6. c’est noté avec envie !

  7. j’y étais presque à l’ouverture et on s’est régalés de petits hors d’oeuvre, du même plat que vous, Crevettes et moules de bouchot etc. et même d’un dessert, la totale pour fêter cette bonne nouvelle table. On se doutait que William Ledeuil ne nous décevrait pas mais on est rassurés et ravis de tant de délicieuses saveurs. on a hâte d’y retourner ! (de mon côté, je préfère KGB à Yam Tcha)

  8. Emilie Jacquet

    Allez-y les yeux fermés. Plaisir, étonnement du début à la fin. Thierry merci pou l’info. Je vais vite y retourner…

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